J'ai un problème : je ne goûte pas.
Et même enfant, goûter m'a toujours fait ch***. En revenant de l'école, je n'avais qu'une envie : retrouver mes jouets, mon univers, mes bouts de ficelle, mes poupées et autres morceaux de carton ... Mais non, impossible de me précipiter dans mon antre, il fallait passer par la case lavage de mains et goûter à la table de la cuisine, celle des enfants. Comment perdre un bon quart d'heure à avaler des tartines, madeleines et autres poustifailles sucrées? Le goûter bien sur !
Et encore, j'avais de la chance quand j'échappais au cake maison de Bonne-Maman agrémenté d'un jus de cassis. C'est bien connu, les enfants adorent le goût acidulé du cassis. Après avoir passé 7 heures à l'école dont 6 le cul collé sur une chaise, il fallait bien en rajouter une demi-heure de plus. Un conseil : ne jamais laisser un gamin goûter assis à une table quand il a les jambes qui le démangent !
Si au moins j'avais pu ingurgiter la ration en 5 minutes chrono, crois-moi j'aurais sérieusement amélioré mes performances en la matière, mais non ! Entre deux bouchées il fallait répondre à l'interrogatoire quotidien " Comment c'est passé votre journée? Qu'avez-vous appris ? Avez-vous été sages ?" Cet ennui du goûter a accompagné ma croissance, et me suit toujours : je ne ressens jamais ce fameux petit creux de fin d'après-midi... En fait, je crois que je ne l'ai jamais eu. Cela dit, je fais de copieux déjeuners tardifs, ceci explique peut-être cela.
A la lecture du blog "Le Goûter" je peux comprendre la nostalgie qui l'imprègne, mais ne peux la partager.
J'aimerais terminer par une manifestation d'intérêt sympathique : entre la sieste crapuleuse et le 5 à 7 sensuel, le goûter peut effectivement trouver toute sa place en adultie puisque nous sommes tous des adultes terribles. Mais je ne suis pas pour autant convertie à la cause … Entre découvrir de nouvelles joies et retrouver des joies passées la route semble être différente.

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