Quelle belle idée que de rétablir l’instant goûter en adultie !
Cela évoque en moi des milliers d’images et de mets.
J’y vois cependant un obstacle majeur : le goûter n’est pas qu’une simple succession de recettes, mais c’est avant tout une histoire d’instant, d’alchimie humano-spacio-temporelle qui vous transporte au delà de votre quotidien. C’est cela qui aujourd’hui, en tant qu’adulte, me semble difficile à atteindre. Pas impossible, simplement difficile du fait d’un indispensable laisser aller nécessaire à cet échappatoire, cette envolée spirituelle.
L’aspect gustatif est constitué d’une infinité de possibilités.
De la plus simple pâte de fruit, à la tarte la plus exotique, mes goûters ont été constitués de différentes choses :
- les classiques carrés de chocolat noir simplement déposés au milieu d’un morceau de baguette
- les pâtes de fruit,
- les mini briques de lait aromatisé,
- les regrettés berlingots de lait concentré sucré aromatisé à la fraise, vanille ou chocolat,
- les solides flans natures, ou aux abricots,
- les divines tranches de pain perdu de ma grand-mère,
- l’étrange tartine beurrée, recouverte de confiture de fraise et agrémentée d’une part de camembert
- l’incontournable tranche de pain noyée sous une énorme cuillère de Nutella,
- le friand, ou financier, acheté à la boulangerie du coin,
- ...
Lorsque qu’Mry a lancé son «projet», telle une madeleine Proustienne, cela m’a avant tout évoqué des instants, et je ne saurai dire pourquoi, un instant plus que les autres.
Je devais avoir 10/12 ans et passais mes mercredis chez des amis de la famille, qui avaient 5 enfants, dont deux étaient plus ou moins de mon âge. Ils vivaient dans un charmant lotissement, au milieu duquel se trouvait un espace vert équipé d’une balançoire. C’est précisément cet instant qui me revient. Me balançant au plus haut vers le ciel, mes carrés de chocolat dans une main, j’étais totalement libre, à la limite du lâcher-prise qui m’aurait envoyer dans les étoiles, les enfants autour qui riaient et étaient au diapason avec moi.
L’herbe, d’un vert vif défilait à vive allure au moment de la descente. La remontée vers le ciel me semblait comme un image au ralenti, comme si tout ce qu’il était bon d’apprécier se trouvait au delà des limites perceptibles à l’oeil.
C’est cette insouciance là, celle inhérente à l’enfance, qui doit être l’un des ingrédient majeur du goûter...

En guise d'illustration, la pochette d'une compilation réalisée par le-gouter.com pour une blogomix.
Plutot un gouter de grand d'ailleurs, puisque cela s'intitulait Cheese, pills & cigarets
Rédigé par : SdC | 18/04/2009 à 15:39
Les instants....oui absolument, j'ai la même sensibilité aux goûters, des petites instantanés, pour moi attachés aux lieux ( voir ma petite contribution plus tôt).
Rédigé par : christine.plu@free.fr | 01/05/2009 à 09:48