J’ai aujourd’hui en horreur la vision répugnante des petits gloutons qui se ruent dans la cuisine pour absorber leur « quatre heure » voracement. Leurs doigts dodus éventrent des paquets à ouverture facile incitant à une goinfrerie innommable. Leurs bouches baveuses dévorent d’infâmes boustifailles. Leurs mains malhabiles s’emparent du moindre morceau comestible qui aurait le malheur de traîner sur leur passage. L’assaut est infernal, la ripaille est pouacre.
Une fois les gargantuas repus, ils se muent en larves ruminantes. Affalés sur un canapé, ils n’attendent qu’une chose : la prochaine orgie. Ils sont tout de même capables d’aller choper furtivement dans le frigo ces écoeurants « Ficelos », sortes de fromage en barre faits rien que pour les gosses, qu’ils dépiautent patiemment avant d’ingérer. Quelques fois aussi, ils tentent le « hey, j’peux prendre juste un Pom’potes ? », le Pom’potes étant une compote adaptée, elle aussi, aux enfants (ces grosses feignasses), qui se sirote bruyamment plus qu’elle ne se déguste.
Il faut alors faire face à une évidence émouvante: le temps du Yop et de la biscotte qui casse est révolu. Pour les mioches, point de brioches. Pour les goulus, point de pain perdu. Enterrés le chocolat Poulain et son compère le Galak. Oublié Prosper, le roi du pain d’épices (youplaboum…). Même le petit Pépito n’est plus vraiment lui-même…

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