Le goûter, a priori, ce n'est pas grand chose,... juste un moment de la journée, un moment où l'on doit se nourrir, manger un peu pour pouvoir finir la journée.
Mais quelque part, le goûter, c'est bien plus important que ça n'y paraît, c'est un moment qu'aucun enfant ne peut oublier.
C'est par un après-midi comme aujourd'hui, où la neige tombe à gros flocons, que le goûter prend tout son sens... il me rappelle mon enfance, les journées d'hiver bien au chaud, à jouer aux petits chevaux devant la cheminée avec mon frère...
Quand j'y pense, le goûter éveille directement en moi un tas de souvenirs.
Les souvenirs des retours de l'école, nos gros manteaux à peine jetés sur nos lits que nous étions déjà attablés, dans l'attente de nos collations.
Les souvenirs des mercredis chômés, des jeux interrompus par la voix de ma mère, qui nous invitait à nous rendre dans la cuisine, pour nous régaler de grosses tartines et de chocolat chaud.
Des souvenirs olfactifs.
Oui, ce sont eux qui m'assaillent les premiers et pourraient me faire regretter cette époque bénie où je n'avais à me soucier que de mes poupées et de mes livres de contes.
Les odeurs du goûter de mon enfance, je n'ai jamais réussi à les retrouver.
Celle du goûter le plus simple du monde, mais qui restera mon préféré : du pain frais beurré et du chocolat noir posé dessus, accompagné d'un verre de lait.
Ce beurre et ce lait artisanaux, tout juste sorti du pis de la vache, que l'on achetait à la ferme des voisins de mes grand-parents.
Ce pain frais, à la mie généreuse et parfumée, à la croûte dorée et craquante, d'un artisan boulanger en bas de chez nous.
Quant au chocolat, je n'ai jamais su où ma mère l'achetait, je ne m'en souciais guère il faut bien dire, mais je sais qu'il était inégalable, un arôme subtil et corsé, croquant et fondant à la fois.
Il y avait aussi le riz au lait maison. Ma mère savait accommoder ce dessert de mille façons : aromatisé à la vanille, à la fleur d'oranger ou encore à l'orange, accompagné de pruneaux... Les effluves du riz et du lait bouillonnant dans la casserole s'envolaient dans tous les coins de la maison et nous mettaient l'eau à la bouche des heures avant que cet entremet ne soit suffisamment frais pour pouvoir le déguster.
Est-ce cette attente qui faisait de ce délice un moment unique ?
Le moment où enfin, nous pouvions nous plonger dans nos bols remplis à ras bord ?
Toujours est-il que cette coupure culinaire sucrée ravissait nos palais d'enfants...
Aujourd'hui, je suis maman à mon tour, et j'essaie de faire perdurer ce rituel magique du goûter.
Je n'ai plus les ingrédients de mon enfance, je ne les trouve plus... mais si le Nutella remplace désormais le chocolat noir, si parfois les Cracottes se substituent au pain frais... l'esprit est toujours là. L'envie de partager ces tartines avec mes enfants, l'envie de se raconter notre journée, de se confier des secrets, d'entendre leur rire, tout simplement...
Le goûter, ce moment unique, pour rien au monde je ne l'oublierai...

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